Jeff pour les intimes
Il y a de ça 8 jours, je reçois un mail de notre secrétaire de direction. Je me retrouve invité avec mes 9 comparses à "une réception amicale" à l'occasion du départ du directeur de cabinet du préfet. Je dois avouer que j'ai dans un premier temps été un tantinet interloqué. En effet, depuis ces 3 ans, l'animal a su se montrer parfois des plus désagréables, nous raccrochant au nez... Pas toujours agréable. Néanmoins petit à petit nous nous sommes apprivoisés. Il travaille tout le temps, et est en permanence pressé. Partant de là on évite les ronds de jambe et autres formules de politesses, on fait dans le concis. Petit à petit, la confiance et le respect se sont installés.
De là une nouvelle rélexion, à fureter dans les propriétés du courriel retransmis par la secrétaire précitée: seuls une cinquantaine des cadres du département sont conviés à cette petite sauterie à la résidence du préfet. Les quatre vingts autres restent sur le carreau. Partant de ce constat nous nous sommes curieusement sentis encore mieux considérés, presque obligé d'être présent.
Une fois dans l'antre de la bête, parmi les grands, nous avons assisté aux discours. Tout d'abord celui du préfet, un poil taquin. Puis à ceux des présidents de l'association des maires du département, et du conseil général. Tous trois élogieux des qualités de bourreau de travail de l'animal. Vient ensuite celui de l'invité d'honneur, et là pour un peu j'ai compris. J'aurais presque tendance à dire que j'ai été "séduit". A tête reposée c'est assez étrange, mais je le comparerais presque à un politique. Finalement c'est un grand idéaliste, rêvant d'une société plus juste, plus équitable, mais conscient aussi des limites du modèle républicain. Finalement le poste qu'il occupait était en même temps celui du mécène pouvant développer des actions d'intégrations, que celui du père fouettard. Et son palmares dans le département a bien tenu des deux postes, que ce soit en montant des dossiers des plus tortueux avec l'éducation nationale, ou dans son rôle de supervision des suites des émeutes de la fin 2005. Et le fait que même à 3h du matin il était encore debout? Cela est finalement du au fait qu'il se sent investi d'une mission, considérant que son poste de fonctionnaire d'état lui impose de se donner pour ses administrés.
J'ai finalement et sans doute trop tard découvert un vrai monsieur.
02/04/08 - 09:51
mieux vaut tard que jamais.
ernie