Etrange journée que celle d'hier.
Pas grand chose en soit, juste 2 pots de départs.
Il se trouve que le midi je faisais celui de l'asistante sociale de la boite... Qui suit son compagnon, dont nous faisions le pot de départ le soir.
Commençons par elle:
A mon arrivée j'avais connaissance de son existence, mais pas d'elle personnellement. Au fil de mes affectations successives je me suis retrouvé à la cotoyer car tous les matins elle passait dans notre service, étant amie avec nos secrétaires. Nos échanges n'étaient pas du tout professionnels, juste un peu de déconne, la pluie et le beau temps, mais une certaine affinité il ne faut pas le nier.
Et puis finalement nous en sommes arrivé à avoir des contacts professionnels, pour diverses raisons, notamment quelques uns de mes ouailles qui avaient de réels soucis. Loin de moi l'idée de jouer les grands sauveurs, mais je partais de l'idée qu'elle était franchement cortiquée et que si elle pouvait faire quelque chose autant qu'elle soit informée de l'affaire, ça ne mangeait pas de pain.
L'ambiance du pot a été assez curieuse. En effet elle était officiellement rattachée à la direction, plus précisément aux ressources humaines. La blague: l'établissement public qui m'embauche est éclaté sur une soixantaine de sites différents, donc forcément cela se ressent rapidement. On en vient à constater un certain élitisme de la direction: les personnels qui y sont affectés ont cette sensation de se sentir maîtres du monde là où finalement ils ne le sont pas plus que les autres. Forcément, je jouais un peu le rôle de l'éléphant dans le magasin de porcelaine: personne ne me remettait et ne visualisait qui je pouvais être, pourquoi j'étais à ce pot de départ et j'en passe de meilleures.
Continuons par lui:
Dans ma première affectation j'ai pu avoir quelques contacts avec. Curieusement, assez rapidement ça se finissait en conversation de 2h à refaire le monde et à se demander pourquoi le service manquait autant de pragmatisme.
Par la suite il a changé de poste, je suis parti en formation et nous nous sommes un peu perdu de vue.
Rentrant de formation, je me vois dans l'obligation de faire 3 semaines "à la base" et me retrouve à les faire dans son unité. Les conversations reprennent rapidement, les affinités étaient toujours présentes.
Par la suite, prenant mes premières semaines d'astreinte, je me retrouve appelé pour une belle merde... Cette semaine là lui aussi était d'astreinte, au niveau du dessus. Finalement nous avons super bien bossé, échangé quand à ce que nous aurions pu faire de mieux... Non pas dans l'idée d'être systématiquement critique, plus dans l'idée de chercher une perpétuelle amélioration. Mais cela me confortait dans les affinités que je pouvais avoir, du coup de façon épisodique je me suis retrouvé à passer prendre le café par chez lui.
Finalement j'apprends qu'il mute, son poste se trouve donc vacant. Dans le fond je ne voulais pas prendre ce type de poste. Il n'est pas assez "considéré"... Loin de moi l'idée de chercher à me faire mousser, mais me retrouver à ne gérer que des histoires de pieds qui puent et ne servir que de fusible ne me tentait pas des masses je dois l'avouer.
D'un autre côté, l'ambiance se tendant très franchement sur mon poste actuel, je ne tenais pas spécialement à perforer mon ulcère sur place, et décidais donc de faire acte de candidature.
Nous nous retrouvons à 2 candidats à l'heure actuelle, le 2nd étant l'un de mes comparses, sur le même poste que moi actuellement. Petit "soucis": l'autre animal en cause est à même de tutoyer le numéro 2 de la boîte, le connaissant de longue date. Forcément je ne pars pas gagnant...
Cependant, et j'en viens à la justification du titre de ce post, le pot de départ d'hier soir m'a été très agréable je dois l'avouer. En effet, lors de son discours, ce collègue sur le départ a cité 2 ou 3 fois les 2 prétendants à sa succession, tous les 2 présents bien évidemment. Et là où cela m'a été agréable, c'est que systématiquement il m'a cité en premier, et toujours accompagné d'un sourire en coin, de ces quelques étincelles dans le regard, ou encore d'un discret clin d'oeil.
J'en ai rediscuté aujourd'hui par sms interposé avec un ami, à qui je disais que curieusement, même si je ne pars pas gagnant sur ce jeu des chaises musicales, il n'en est pas moins que la simple considération de mes pairs me suffit pour me remonter un peu le moral et peut être me permettre de tenir un peu plus longtemps au poste auquel je suis. J'ai par la suite ajouté une précision: par pairs j'entends ces gens assez particuliers qui effectivement ont des années de boîte derrière eux, et pour lesquels j'ai un profond respect. Et bien quand ces gens là vous disent ou vous font comprendre tout le respect qu'ils ont pour vous, il est clair que ça fait toujours du bien au moral.
Il l'ont dit: O. :
-"Mes T4 sont comme toi: ils sauvent leur monde tous les jours mais ça les dépriment :o)"
-"Avant ma psychothérapie j'étais au bord du gouffre. Aujourd'hui j'ai fait un grand pas en avant" S. :
-"Sois fier de ce que tu es, n'ai honte d'aucune facette qui fait de toi ce que tu es" (merci Kris pour celle là ;op)
-"Tu es là à chaque fois que j'en ai besoin, t'es un mec trop bien je persiste et signe :op" B. : "Prends conscience d'une chose: tu ne peux être à la fois intelligent honnête et optimiste" R. :
-"Bah il en faudrait plus des grands cons comme toi... La terre s'en porterait mieux!"
-"Fais pas ta Meredith"
-"Quand t'es célibataire, t'es triste et dépressif, quand t'es casé avec lui t'es énervé et dépressif... A choisir?"
-"[..] au moins avec toi ça dure, finalement j'ai plus partagé avec toi qu'avec XXXX"
Je l'ai dit: "Je n'ai rien contre les nichons mais il manquera toujours une paire de couilles" (merci Sté de me l'avoir rappelée celle là ^^)